Il monte tout seul, chaque semaine
C’est le comportement normal d’un bassin brassé : le dégazage du CO₂ fait monter le pH. Une cascade, une nage à contre-courant ou un débit de refoulement violent accélèrent le phénomène.
Paramètres de l’eau
À pH 7,2, environ deux tiers du chlore libre sont sous la forme qui désinfecte. À pH 8,0, il en reste moins d’un quart. Le taux affiché sur la bandelette n’a pas bougé : c’est son efficacité qui s’est effondrée.
pH 7,0 à 7,4pKa ≈ 7,5Le TAC d’abord
Le fond du sujet
Un technicien qui trouve une eau douteuse avec « 1,5 mg/L de chlore » n’a pas un problème de chlore. Il a presque toujours un problème de pH, et il le saura en trois secondes s’il regarde la bonne case en premier.
L’acide hypochloreux, noté HOCl, est l’espèce qui tue. L’ion hypochlorite OCl⁻, lui, ne fait presque rien. Les deux coexistent dans l’eau, et leur proportion dépend d’une seule variable : le pH. C’est de la chimie, pas une règle de métier, et c’est pour cela qu’aucune marque de produit n’y échappe.
Le pH d’abord, le TAC ensuite, le chlore en dernier. Lire le chlore en premier conduit à surdoser une eau qui n’en avait pas besoin, et à recommencer la semaine suivante.
Source : Constante d’acidité du couple acide hypochloreux / hypochlorite (pKa ≈ 7,5 à 25 °C), base de la relation entre pH et pouvoir désinfectant, rappelée par l’Organisation mondiale de la santé dans ses lignes directrices sur les eaux de baignade artificielles. Vérifié le 14 août 2026.
Repères
Ces valeurs viennent de la pratique professionnelle et de la chimie du désinfectant, pas d’un texte. Sur un bassin familial, aucune n’est opposable : elles servent à décider, pas à se justifier.
| Paramètre | Repère d’usage | Ce que dit la valeur |
|---|---|---|
| pH | 7,0 à 7,4 | au-dessus, le chlore perd l’essentiel de son pouvoir désinfectant ; en dessous, l’eau devient agressive pour le liner et les parties métalliques |
| TAC (alcalinité) | 80 à 120 mg/L de CaCO₃ | c’est le tampon : sous 80, le pH bouge à chaque ajout et rien ne tient |
| TH (dureté) | 150 à 250 mg/L de CaCO₃ | trop bas l’eau attaque les surfaces, trop haut elle entartre la filtration |
Un bassin familial n’est soumis à aucun seuil de qualité d’eau. L’arrêté du 26 mai 2021 ne vise que les piscines ouvertes au public : camping, hôtel, copropriété qui accueille au-delà du cercle familial, collectivité. Les valeurs de cette page sont des repères de travail, pas un texte que l’on vous opposera.
Méthode
Sous 80 mg/L, l’eau n’a plus de tampon : le pH repartira où il veut dès le lendemain. Corriger le TAC d’abord, le pH se stabilise souvent tout seul.
Le correcteur se dilue dans un seau d’eau du bassin, puis se répand devant les refoulements, filtration en marche. Versé pur au point bas, il décolore le revêtement et fausse la mesure du lendemain.
Remesurer une heure après un ajout ne mesure rien d’autre que le nuage de produit qui n’a pas encore fait le tour du bassin.
C’est la seule façon de savoir, au troisième passage, si le bassin dérive vite ou si c’est le dosage qui est mal calibré.
Diagnostic
C’est le comportement normal d’un bassin brassé : le dégazage du CO₂ fait monter le pH. Une cascade, une nage à contre-courant ou un débit de refoulement violent accélèrent le phénomène.
La production de chlore par électrolyse est basique par nature. Un bassin au sel demande un correcteur d’acidité plus régulier qu’un bassin au galet, c’est structurel et non un défaut de l’appareil.
Certains chlores chocs sont franchement acides. Un pH à 6,5 le lendemain d’un choc n’est pas une anomalie de mesure, c’est le produit.
Un TAC très haut bloque le pH aussi sûrement qu’un TAC bas le laisse filer. Regarder l’alcalinité avant d’ajouter une dose de plus.
Une pluie d’orage apporte de l’eau douce et acide, et dilue le tampon. Le TAC baisse en même temps, et c’est lui qu’il faut relever en premier.
Bandelettes stockées dans le camion en plein soleil, flacon de réactif ouvert depuis deux saisons, prélèvement fait devant le refoulement : trois causes banales d’un chiffre qui n’a jamais existé.
Côté professionnel
Sur un parc de contrats, la valeur du pH d’un jour donné n’apprend rien. Ce qui apprend, c’est la pente : ce bassin-là remonte de 0,4 par semaine depuis trois passages, celui-ci ne bouge plus depuis que le TAC est à 190. La deuxième lecture demande un historique, pas une bandelette.
C’est exactement ce qu’un carnet papier ne rend pas : il stocke, il ne compare pas. La saisie d’un relevé prend une quarantaine de secondes dans Piscilog, et la dérive se voit avant la panne.
Entre 7,0 et 7,4 dans le cas général, parce que c’est la plage où le chlore reste majoritairement sous sa forme active sans que l’eau devienne agressive. Ce n’est pas une obligation : sur un bassin familial, aucune valeur ne vous est opposable.
Oui sur la plupart des bassins. Le brassage chasse le CO₂ dissous, ce qui fait monter le pH. Une eau qui remonte lentement et régulièrement est un bassin qui respire ; une eau qui saute de plus d’un point en quelques jours signale plutôt un TAC effondré.
Le TAC. Il joue le rôle de tampon : tant qu’il est sous 80 mg/L, chaque correction de pH sera annulée en quelques jours et vous verserez du produit pour rien.
Non. Il rend le désinfectant efficace, il ne le remplace pas. Une eau à pH 7,2 sans chlore libre est une eau à pH 7,2 dans laquelle tout pousse.
Les bandelettes lisent par comparaison de couleur, avec une graduation large et une sensibilité à la chaleur et à l’humidité du stockage. Sur un litige, c’est la mesure au réactif, horodatée et notée, qui fait foi, pas le souvenir d’une teinte.
Bêta 2027
Piscilog enregistre le relevé, le dosage et la photo pendant l’intervention, et envoie le compte rendu au propriétaire avant que le technicien ait redémarré le camion. La bêta ouvre au printemps 2027.
Sans engagement, sans carte bancaire.